Dans l’obscurité suffocante de la nuit, au cœur de l’EPHAD des Anges, une infirmière, une torche à la main, se fraya un chemin à travers les couloirs hantés de l’aile Est. C’est ici que résidèrent les âmes âgées, emprisonnées dans le labyrinthe sans fin de la maladie d’Alzheimer. Elle effectua sa ronde nocturne, une danse macabre à travers les ombres, veillant à la quiétude des lieux. Elle ouvrit une à une les portes des chambres, comme si elle ouvrait les portes d’un autre monde, vérifiant que chaque résident était plongé dans un sommeil sans rêves.
Une fois sa ronde dans l’aile Est terminée, elle se dirigea vers l’aile Ouest du bâtiment, là où résidèrent les autres âmes âgées, épargnées par les griffes des maladies dégénératives. Elle traversa la salle à manger, un lieu autrefois plein de vie et de rires, maintenant silencieux comme une tombe. Elle pénétra ensuite dans un couloir qui mena à un autre couloir, un labyrinthe sans fin de portes et de chambres.
Comme pour les résidents précédents, elle ouvrit discrètement les portes des chambres, vérifiant que chaque résident dormait du sommeil du juste. Le silence régna dans le couloir, rompu seulement par le cri d’une chouette qui hulula de temps à autre depuis le grand arbre proche du bâtiment. Un ciel à peine voilé laissa apparaître une lune imposante, une lueur surnaturelle qui baigna tout le bâtiment et le grand parc qui entoura l’EPHAD des Anges.
Le gardien, un homme robuste nommé Jacques, s’agenouilla près de l’infirmière et vérifia son pouls. Il était faible, mais régulier. Il la secoua doucement, essayant de la réveiller, mais elle restait inconsciente. Il regarda autour de lui, cherchant une explication à ce qui venait de se passer. Il ne vit rien d’anormal, à part la porte entrouverte qui menait au corridor. Il se leva et s’approcha de la porte, sa lampe torche balayant le couloir sombre. Il ne vit rien d’inhabituel, à part les ombres qui dansaient sur les murs à chaque mouvement de sa lampe.
Il retourna auprès de l’infirmière et sortit son téléphone pour appeler une ambulance. Pendant qu’il attendait, il ne put s’empêcher de regarder à nouveau vers la porte du corridor. Il avait l’impression que quelque chose l’observait depuis l’obscurité. Il se leva et s’approcha à nouveau de la porte, sa curiosité l’emportant sur sa peur.
Alors qu’il s’approchait, une forme vaporeuse apparut à nouveau dans l’embrasure de la porte. Jacques recula, son cœur battant la chamade. La forme vaporeuse s’avança lentement vers lui, tout comme elle l’avait fait avec l’infirmière. Jacques, contrairement à l’infirmière, ne recula pas. Il resta immobile, observant la forme vaporeuse qui s’approchait de plus en plus.
Lorsque la forme vaporeuse fut assez proche, Jacques put distinguer un visage à travers la brume. C’était le visage de Paul, le résident de l’aile Est qui était décédé quelques mois auparavant. Jacques, bien qu’effrayé, ne put s’empêcher de ressentir une certaine tristesse en voyant le visage de Paul. Il se rappela du vieil homme qu’il avait connu, toujours souriant malgré sa maladie.
Paul, ou plutôt son fantôme, s’arrêta devant Jacques. Il le regarda un moment, puis tendit la main vers lui. Jacques, après une hésitation, tendit la sienne. Au moment où leurs mains se touchèrent, Jacques sentit une vague de froid le traverser. Il vit des images défiler devant ses yeux, des souvenirs de Paul, de sa vie avant l’EPHAD, de sa famille, de ses amis. Puis, aussi vite qu’il était apparu, le fantôme de Paul disparut, laissant Jacques seul dans le couloir.
Jacques resta un moment immobile, essayant de comprendre ce qui venait de se passer. Puis, il entendit le bruit d’une ambulance qui s’approchait. Il retourna auprès de l’infirmière, prêt à expliquer ce qui s’était passé. Mais il savait que personne ne le croirait. Après tout, qui croirait à une histoire de fantôme dans un EPHAD ?
Dans les jours qui suivirent, le fantôme de Paul revint, errant dans les couloirs de l’EPHAD des Anges. Il semblait perdu, confus, comme s’il cherchait quelque chose qu’il ne pouvait pas trouver. Jacques, le gardien, le voyait souvent, mais il ne pouvait rien faire pour aider le fantôme de Paul. Il se contentait de le regarder, de le voir se débattre avec son trouble, incapable de passer dans l’au-delà.
Un soir, alors que Jacques faisait sa ronde, il vit le fantôme de Paul entrer dans la chambre d’un autre résident, un vieil homme nommé Henri. Henri était un homme doux et gentil, toujours prêt à raconter une histoire ou à partager un sourire. Mais lorsque le fantôme de Paul entra dans sa chambre, Henri se mit à crier.
Jacques se précipita dans la chambre et vit Henri recroquevillé sur son lit, les yeux écarquillés de terreur. Le fantôme de Paul se tenait à côté de lui, une expression de peur et de confusion sur son visage vaporeux. Jacques essaya de calmer Henri, mais le vieil homme était terrifié. Il criait et pleurait, suppliant Jacques de faire partir le fantôme.
Jacques se tourna vers le fantôme de Paul et lui parla doucement. “Paul,” dit-il, “tu fais peur à Henri. Tu dois partir.” Mais le fantôme de Paul ne semblait pas comprendre. Il continuait à regarder Henri, ses yeux vaporeux remplis de peur et de confusion.
Finalement, après plusieurs minutes de supplications et de cris, le fantôme de Paul disparut. Henri se calma lentement, mais il était évident qu’il avait été profondément perturbé par l’expérience. Jacques resta avec lui jusqu’à ce qu’il se soit calmé, puis il sortit de la chambre, laissant Henri seul.
Dans les jours qui suivirent, le fantôme de Paul revint plusieurs fois, chaque fois semant la terreur parmi les résidents de l’EPHAD des Anges. Jacques essaya de l’aider, de le guider vers ce qu’il cherchait, mais il était clair que le trouble de Paul l’empêchait de trouver la paix.
Finalement, Jacques prit une décision. Il ne pouvait pas laisser le fantôme de Paul continuer à terroriser les résidents de l’EPHAD. Il devait trouver un moyen de l’aider à passer dans l’au-delà. Mais comment aider un fantôme perdu dans le labyrinthe de la maladie d’Alzheimer ? Jacques ne le savait pas, mais il était déterminé à essayer. Pour Paul, pour Henri, pour tous les résidents de l’EPHAD des Anges. Il devait essayer. Et peut-être, juste peut-être, il pourrait aider Paul à trouver la paix qu’il cherchait tant.
Après quelques jours de repos, l’infirmière, dont le nom était Marie, revint travailler à l’EPHAD des Anges. Jacques l’accueillit chaleureusement et lui expliqua la situation avec le fantôme de Paul. Marie fut surprise, mais elle accepta d’aider Jacques à trouver une solution.
Ils décidèrent de contacter un couple de médiums réputés pour leur capacité à aider les esprits à passer de l’autre côté. Les médiums, deux jeunes hommes nommés Thomas et Julien, acceptèrent de venir à l’EPHAD pour aider Paul.
Lorsqu’ils arrivèrent, ils furent accueillis par Jacques et Marie. Ils leur expliquèrent la situation et leur montrèrent où Paul avait été vu pour la dernière fois. Thomas et Julien passèrent un moment à se familiariser avec l’endroit, puis ils commencèrent leur travail.
Ils passèrent plusieurs heures à tenter de communiquer avec Paul, utilisant diverses techniques pour atteindre son esprit. Finalement, après de longues heures, ils réussirent à établir un contact.
Paul était confus et effrayé, mais Thomas et Julien réussirent à le calmer. Ils lui expliquèrent qu’il était mort et qu’il devait passer de l’autre côté. Paul résista d’abord, mais avec le temps, il commença à comprendre.
Avec l’aide de Thomas et Julien, Paul réussit finalement à trouver la paix et à passer de l’autre côté. L’EPHAD des Anges retrouva sa tranquillité et les résidents purent à nouveau dormir paisiblement.
Jacques et Marie remercièrent Thomas et Julien pour leur aide. Ils étaient soulagés que Paul ait trouvé la paix et ils espéraient que cela ne se reproduirait plus. Mais si jamais un autre esprit se perdait dans l’EPHAD des Anges, ils savaient qu’ils pouvaient compter sur l’aide de Thomas et Julien. Et pour la première fois depuis longtemps, ils purent dormir paisiblement, sachant que l’EPHAD était à nouveau un lieu de repos et de paix pour les âmes qui y résidaient
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