mardi 10 septembre 2024

Un HLM hanté à Fontenay-aux-Roses

L'obscurité pesait lourd sur la barre HLM des Blagis à Fontenay-aux-Roses, une cité de béton où les ombres semblaient danser au crépuscule. Les résidents, au début, ne faisaient que murmurer entre eux.
Puis les murmures devinrent des cris, des accusations lancées dans le vent, des récits terrifiants qui se propageaient comme une épidémie. Certains affirmaient percevoir une présence invisible, un souffle glacé sur leur nuque, des bruits étranges comme des meubles tirés au sol, la nuit, alors que tout le monde dormait, ou du moins, essayait de dormir.

Des ombres aux visages flous apparaissaient furtivement, des visions fugaces qui laissaient les témoins glacés, le cœur battant. Ces manifestations étranges, ces phantasmes nocturnes, semblaient toutes converger vers un point sombre de l'histoire récente de l'immeuble : la mort, en 2019, d'un résident voisin. Était-ce une coïncidence macabre ou quelque chose de bien plus sinistre ?

Les témoignages, d'abord rares, se multiplièrent. Une petite frange de locataires, tordus par la peur et l'incertitude, voyait leurs nuits hantées par des spectres invisibles et leurs jours troublés par une menace sourde. Les médias s'emparèrent de l'affaire, les rumeurs enflèrent, et bientôt toute la ville de Fontenay-aux-Roses retenait son souffle.

Le maire, sentant le poids de la peur collective peser sur ses épaules, prit une décision désespérée. En secret, loin des regards et des jugements de la République laïque, il fit appel à un imam et à un prêtre. Leur mission : exorciser les lieux, chasser les ombres et apaiser les esprits tourmentés des résidents. C'était une démarche officieuse, car il ne fallait pas que la laïcité républicaine soit remise en cause par cette entreprise spirituelle. Mais la peur, une fois enracinée, ne se déloge pas facilement.

Les prières furent murmurées, les rituels exécutés, mais les habitants savaient, au fond d'eux-mêmes, que les vraies horreurs ne s'effacent pas aussi simplement. Dans les coins sombres et les recoins oubliés, quelque chose continuait d'attendre, de veiller, prêt à resurgir dès que les lumières s'éteindraient et que les ombres recommenceraient à danser.

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